Visiter le Temple de Lanleff, guide pratique en 8 points
Comment accéder au temple, quoi regarder, dans quel ordre, quelles sculptures chercher, la fontaine de la légende, tout ce qu’il faut savoir avant d’y aller, et une fois sur place.
Accès libre · Gratuit 22,4 km de La Roche-Jaudy À combiner avec Pontrieux- Temple de Lanleff · Le Bourg · 22290 Lanleff · Côtes-d’Armor
- Depuis La Roche-Jaudy (La Roche-Derrien) : 22,4 km · 25–30 min
- Accès : libre et gratuit toute l’année, toute la journée
- Durée de visite : 30 à 45 minutes pour une visite attentive
- GPS : « Temple de Lanleff, Lanleff » · se garer au bourg, le temple est juste à côté de l’église paroissiale
- Aucune signalétique depuis les routes principales, GPS indispensable
Accès et stationnement
Le Temple de Lanleff n’est signalé sur aucune route principale, ni depuis la D786, ni depuis les routes de Guingamp ou Paimpol. Il faut entrer dans le bourg de Lanleff, repérer l’église paroissiale, et le Temple se trouve dans la cour attenante, à quelques mètres. Sans GPS ciblé sur « Temple de Lanleff, Lanleff », il est très facile de passer à côté.
Depuis La Roche-Jaudy, itinéraire recommandé
D786 vers Tréguier · puis D8 direction Guingamp jusqu’à Squiffiec · puis D54 vers Lanleff. Depuis Pontrieux : 8 km par la D54. Depuis Paimpol : 18 km par la D786. Le chemin depuis la D54 est une petite route de campagne, prévoir l’application GPS active jusqu’au bourg.
Parking
Pas de parking officiel. On se gare sur le bas-côté de la route qui longe l’église et le Temple, 4 à 5 voitures maximum. En cas de fréquentation importante (visites commentées, événements), utiliser le parking du bourg à 200 m. Accès piéton immédiat depuis n’importe quel stationnement du bourg.
L’accès au site est de plain-pied depuis la route. Le sol à l’intérieur de la rotonde est en herbe et terre battue, accessible en fauteuil roulant ou poussette en temps sec. Par temps de pluie, le sol peut être glissant. Aucun équipement spécifique PMR sur place.
Les 8 points de visite
La visite se fait librement, sans ordre imposé. Ce parcours en 8 points permet de ne rien manquer et de comprendre l’édifice progressivement.
Avant d’entrer, s’arrêter devant le portail pour observer la structure dans son ensemble. Les deux enceintes concentriques sans toit, les arcades romanes, la végétation qui a repris ses droits dans les interstices. En grès rose, le Temple change de couleur selon la lumière, rosé le matin, orangé en fin d’après-midi.
L’enceinte intérieure compte douze arcs de style roman primitif, soutenus par des piliers de section carrée ornés de colonnes adossées. L’enceinte extérieure entoure la première à distance régulière, l’espace entre les deux formait probablement une déambulatoire couvert, aujourd’hui à ciel ouvert. Marcher lentement autour des deux cercles pour sentir la logique concentrique de l’édifice.
Sur l’un des chapiteaux de l’enceinte intérieure, chercher la figure de l’Adam pudique, personnage masculin nu aux grandes mains aux doigts allongés, posées devant lui dans un geste de dissimulation pudique. C’est la sculpture la plus commentée du site. Certains y voient Adam après le péché originel, d’autres une figure prophylactique de protection. Pas de consensus. Regarder attentivement chaque chapiteau, les sculptures sont nombreuses et certaines très discrètes.
Les 140 éléments sculptés sur les chapiteaux et colonnes forment un bestiaire médiéval complet : oiseaux aux ailes déployées, serpents entrelacés, feuilles d’acanthe, rinceaux végétaux, visages humains barbus, créatures hybrides. Prendre le temps d’observer chaque chapiteau à hauteur d’yeux, certains sont très détaillés, d’autres presque effacés par l’érosion de dix siècles. Le grès rose, plus tendre que le granit, a beaucoup souffert.
Se placer au centre de la rotonde et regarder vers l’est. Les vestiges des trois absides circulaires sont encore perceptibles dans la maçonnerie, bien que très dégradées. Cette disposition trichoncale (trois absides rayonnantes) rappelle directement l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem et l’église templière de Ségovie. C’est l’argument architectural le plus solide en faveur de l’hypothèse d’une rotonde de pèlerinage.
Au centre de la rotonde intérieure, un espace légèrement surélevé marque l’emplacement de l’if séculaire documenté par le Marquis de Robien en 1735 et abattu en 1857. Les ifs dans les enclos paroissiaux bretons symbolisent l’immortalité et la continuité entre vivants et morts, leur présence dans les cimetières est une tradition celtique christianisée. L’if de Lanleff était certainement plusieurs fois centenaire quand on l’a abattu. Des inhumations ont eu lieu dans la rotonde jusqu’en 1718.
À l’extérieur de la rotonde, côté ouest, chercher la fontaine associée à la légende de la sorcière et du diable. Selon la tradition locale, une sorcière vendit son enfant au diable contre douze pièces d’or incandescentes. Quand le diable emporta l’enfant, il lança les pièces brûlantes à la sorcière qui se brûla en les attrapant. Les traces de ces brûlures seraient encore visibles sur le rebord de la fontaine, en humidifiant la pierre et en regardant attentivement. Croire ou ne pas croire, c’est à chacun de décider.
Observer attentivement les matériaux de construction. Le Temple est bâti en trois types de pierre : le grès rose (majoritaire, donnant la couleur caractéristique), la spilite (roche volcanique verdâtre, visible dans certaines assises) et le granite gris-beige (piliers et soubassements). Cette mixité est typique des pratiques de construction du haut Moyen Âge breton, on utilisait ce qui était disponible localement.
Les sculptures à chercher en priorité
Figure masculine nue, grandes mains aux doigts allongés. Chapiteau de l’enceinte intérieure. La plus commentée du site depuis le XVIIIe siècle.
Plusieurs oiseaux stylisés, symboles de l’âme dans l’iconographie chrétienne médiévale. Regarder les écoinçons entre les arcs.
Rinceaux de feuilles d’acanthe et de pampres encadrant certains chapiteaux. Motifs hérités de l’Antiquité romano-chrétienne.
Plusieurs visages humains barbus émergent des chapiteaux, probablement des prophètes ou des apôtres selon la tradition romane.
Symboles ambivalents dans l’iconographie médiévale, mal à combattre ou sagesse à acquérir selon le contexte. Difficiles à voir, très discrets.
Animaux à tête humaine ou à corps composite, tradition des marges enluminées et des bestiaires médiévaux traduite en pierre.
Conseils photo
Le grès rose réagit fortement à la lumière directionnelle. Les meilleures conditions :
La lumière du matin (8h–10h) ou de la fin d’après-midi (17h–19h en été) est rasante et fait ressortir les reliefs des sculptures. En lumière de midi, les sculptures aplaties par la verticalité du soleil perdent leur profondeur. Les jours nuageux donnent une lumière diffuse idéale pour photographier les détails sans éblouissement ni ombres dures. Le grès rose devient orangé en lumière dorée de fin de journée, c’est à ce moment-là que les photos sont les plus spectaculaires.
Journée combinée depuis La Roche-Jaudy
- 9h00Départ de La Roche-Derrien · marché du vendredi (si vendredi)
- 9h30Tréguier : cathédrale Saint-Tugdual, cloître 48 arcades, place du Martray
- 11h30Pontrieux : lavoirs fleuris, promenade au bord du Trieux
- 12h30Pique-nique ou restaurant à Pontrieux
- 14h00Temple de Lanleff (8 km de Pontrieux, 22,4 km de La Roche-Jaudy) · 45 min
- 15h00Pont de Frynaudour (8 km du Temple) · 30 min
- 16h00Retour vers La Roche-Jaudy · arrêt possible à la Brasserie Philomenn à Tréguier
Visiter avec des enfants
Le Temple de Lanleff est particulièrement adapté aux enfants curieux de 5 à 12 ans. La visite est courte (30 min), le lieu est mystérieux sans être effrayant, et les sculptures offrent un jeu de piste naturel. Quelques idées pour rendre la visite ludique :
Le jeu des 140 sculptures, demander aux enfants de compter tous les animaux qu’ils trouvent dans les sculptures. Les oiseaux, les serpents, les créatures hybrides. Qui en trouve le plus ? La légende à raconter, la sorcière et les pièces brûlantes à la fontaine. Humidifier la pierre du rebord et chercher les « traces » ensemble. L’architecte médiéval, expliquer comment on construisait en cercle sans machine, avec des cordes et des piquets. Faire tracer un cercle au sol avec une corde.