Narcisse Quellien, barde du Trégor
Écrivain, folkloriste et collecteur de traditions bretonnes né à La Roche-Derrien en 1848. Ses travaux sur la langue et les usages du Trégor demeurent une référence pour l’histoire régionale.
1848-1902 Né à La Roche-Derrien Folkloriste breton Linguiste- Narcisse Quellien · né le 27 juin 1848 à La Roche-Derrien (La Roche-Jaudy)
- Mort le 16 mars 1902 à Paris, renversé par une automobile · 53 ans
- Ses recueils sont consultables à la Bibliothèque nationale de France et à la médiathèque de Lannion
- Né le 27 juin 1848 à La Roche-Derrien (aujourd’hui La Roche-Jaudy)
- Décédé le 16 mars 1902 à Paris, renversé par une automobile
- Poète, ethnographe et folkloriste de langue bretonne
- Auteur de travaux fondamentaux sur la langue et les usages du Trégor
- Ami d’Ernest Renan, deux fois lauréat de l’Académie française
Biographie
Enfance à La Roche-Derrien
Narcisse Quellien grandit à La Roche-Derrien, fils de Guillaume-Marie Quellien, cordonnier, et de Françoise Jaffrezou, tricoteuse. C’est un bourg animé du Trégor avec son marché et son tissu d’artisans. Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Tréguier, où se forment sa sensibilité aux traditions orales bretonnes et son attachement à la langue bretonne, encore très vivante dans les campagnes du Trégor au milieu du XIXe siècle.
Formation et carrière parisienne
Après ses études, Narcisse Quellien monte à Paris où il s’intègre aux milieux littéraires et scientifiques de l’époque. Il se lie d’amitié avec Ernest Renan, autre grande figure du Trégor née à Tréguier, qui l’aide à obtenir un emploi aux archives du ministère des Affaires étrangères. Il collabore à diverses revues savantes et publie ses travaux de collecte, chants populaires, contes, lexiques, qui lui valent une reconnaissance au sein des cercles celtisants et folkloristes français et européens.
Son travail est distingué à deux reprises par l’Académie française, avec le prix Montyon en 1889 pour Chansons et danses des Bretons, puis à nouveau en 1898 pour Breiz, poésies bretonnes, complété la même année du prix Xavier Marmier.
Œuvres principales
Premier recueil de poésies, préfacé par Ernest Renan, qui marque le début de sa reconnaissance dans les cercles littéraires parisiens.
Étude sur le tunodo, langage argotique des couvreurs et chiffonniers de la région de La Roche-Derrien.
Collecte de chants et danses populaires du Trégor, référence fondamentale pour l’ethnomusicologie bretonne. Prix Montyon de l’Académie française.
Recueil de poésies bretonnes couronné par les prix Montyon et Xavier Marmier de l’Académie française, la même année que ses Contes et nouvelles du pays de Tréguier.
Héritage et mémoire
Au milieu du XIXe siècle, le breton était encore la langue principale de la vie quotidienne dans les campagnes du Trégor. La scolarisation obligatoire en français (loi Ferry, 1882) et l’interdiction du breton à l’école ont réduit drastiquement le nombre de locuteurs en deux générations. Les collectes de Quellien sont parmi les dernières à avoir été faites dans un contexte de pratique vivante. Pour en savoir plus sur l’étymologie de la région, lire l’article sur l’étymologie de Tréguier, Landreger et le Trégor.
À La Roche-Jaudy, Quellien reste une figure locale de référence. Son nom est associé à la richesse culturelle du Trégor, et sa trajectoire illustre le paradoxe de ces Bretons du XIXe siècle, ancrés dans leur territoire d’origine tout en participant aux cercles savants parisiens.
La Roche-Derrien à l’époque de Quellien
Quand Narcisse Quellien naît en 1848, La Roche-Derrien est encore une commune à part entière, c’est seulement en 2019 qu’elle deviendra commune déléguée de La Roche-Jaudy. Le bourg est alors un centre vivant du Trégor intérieur, avec son marché hebdomadaire, ses artisans, ses maisons à pans de bois et son réseau de routes vers Tréguier, Lannion et Guingamp.
La langue bretonne y est encore très présente, notamment dans les campagnes environnantes. C’est ce contexte linguistique vivant qui nourrit la vocation de collecteur de Quellien, il transcrit une langue et des traditions qu’il entend et vit au quotidien, pas un objet d’étude abstrait.